Jamais un 1er avril ne m’a semblé si triste… Ce soir, Moustique s’est éteint à l’âge de 15 ans… Un âge respectable pour un chat. Un chat joyeux et affectueux qui contrastait bien avec son frère Charlie, fier et indépendant.
Nous l’avons recueilli alors qu’il était à peine sevré en 1994, il a rejoint notre petite famille qui comptait déjà Charlie son aîné d’un an. Il était perdu au milieu des fleurs de ma mère dans le jardin de l’immeuble. Un petit chaton blanc tacheté de noir aux oreilles et à la queue.
En connaissant le tempérament de Charlie, on a hésité à les présenter directement. Ainsi, les premières heures de ce chat blanc chez nous ont été vécues dans une boîte en carton. Ce chaton qui tenait dans la paume d’une main devait trouver immense ce carton…
Sa première confrontation avec Charlie a été mémorable, c’est simple, il lui a donné sa patte, une bonne grosse patte dans la figure en guise de présentation… Rien de tel pour briser la glace. Heureusement, dès le lendemain, Charlie s’était fait à l’idée d’avoir un compagnon et de partager ses maîtres.
Nous avons mis du temps à lui trouver un nom, il est venu presque naturellement. Quand ma mère l’appelait pour manger, elle criait « Mosquito ! Mosquito ! » du fait de sa taille réduite. Nous avons beaucoup aimé ce surnom et avons donc décidé de le nommer ainsi… Ironie du sort, Moustique était ce que l’on pouvait appeler un chat d’appartement… un bon gros matou… Son nom est ainsi devenu assez ironique…
Je ne sais pas si on peut dire qu’il a eu une belle vie… Il était nourri, logé, aimé… Il aurait peut-être apprécié être dehors plus souvent. Il est quand même allé deux fois au Portugal. Charlie et lui ont fait le voyage dans le même sac ! L’un dormant sur l’autre tout du long. Ils n’ont pas eu l’air de s’en plaindre.
Au Portugal, contrairement à Charlie, Moustique n’aimait pas trop le plein air, il restait volontiers à la maison près de nous. Quand nous le forcions à sortir, c’était pour mieux courir à l’intérieur pour se réfugier. Le bruit du vent dans les arbres l’effrayait énormément. Un jour, réunissant tout son courage, il réussit à parcourir plusieurs mètres dehors, mais d’un coup une violente bourrasque fit trembler la porte métallique du garage, ne pouvant se réfugier à l’endroit à l’origine du bruit, il se précipita plus en avant et eu une réaction purement instinctive, il grimpa à une vitesse hallucinante sur un pin à la seule force de ses pattes et de ses griffes. Arrivé à plusieurs mètres du sol (bien quatre à cinq mètres), il ne trouva pas de branche et resta les griffes plantées au tronc, les quatre pattes écartées, condamné à regarder vers le ciel, miaulant de peur ou de surprise, priant de le sauver de ce mauvais pas. Alors que nous rions de bon cœur, mon père a vite pris son échelle pour le sortir de là. Une fois sur pied, il rentra vite fait à la maison pour se réfugier sur le canapé.
A sa deuxième visite, il se fit plus téméraire, et il ne l’a pas regretté. Lors de ses derniers jours de vacances, il rencontra une magnifique chatte blanche au pelage immaculé… Déjà castré, il n’a pu laissé une trace de son passage là-bas pourtant ils ne se quittaient pas, à part peut-être pour les repas…
Voilà les moments marquants dont je me souviens de Moustique. Bien sûr mes souvenirs de lui sont fait aussi des moments du quotidien. Toutes ces fois où il venait me réveiller en se glissant sous ma couette le matin, ou en se couchant sur ma tête. Ses sauts sur mes genoux pour réclamer des câlins alors que je regardais la télé. Sa nonchalance à ronronner tout en me plantant ses griffes sur mon ventre ou mon torse, histoire de voir s’il pouvait les rendre plus douillet pour sa petite sieste improvisée… en se préoccupant peu de savoir si mes pulls était en laine ou pas ou si j’avais suffisamment de tissu pour me protéger de ses griffes…
Moustique était un chat affectueux, joyeux et surtout gourmand… Moustique, tu étais notre chat et nous t’avons beaucoup aimé.